(Actualisé avec président libanais §§5-6)
L'armée israélienne a bombardé dimanche le principal pont reliant le Liban-Sud au reste du pays, après avoir reçu l'ordre de détruire tous les ponts sur le fleuve Litani et d'intensifier la démolition des habitations près de la frontière.
La destruction de ponts et de maisons marque une escalade significative de la campagne militaire israélienne au Liban, pays entraîné dans le conflit régional le 2 mars lorsque le Hezbollah a ouvert le feu sur le territoire israélien.
Le droit international interdit généralement aux armées d'attaquer les infrastructures civiles, et la Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme a critiqué les actions d'Israël au Liban, notamment le recours étendu aux ordres d'évacuation.
Tsahal a détruit dimanche le pont franchissant le Litani sur l'autoroute qui relie Beyrouth à Tyr, le long de la côte méditerranéenne, quelques heures après avoir annoncé cette frappe.
Le président libanais Joseph Aoun a qualifié cette attaque de "prélude à une invasion terrestre" et dénoncé une "punition collective contre les civils", ce qui constitue un crime de guerre.
Il a ajouté que la destruction des ponts allait entraver l'acheminement de l'aide humanitaire et pourrait témoigner des "manoeuvres suspectes" d'Israël pour établir une zone tampon au sud du fleuve Litani.
Plus tôt dans la journée, un Israélien avait été tué dans sa voiture près de la frontière avec le Liban après ce que l'armée a décrit comme un "tir" depuis le territoire libanais. Il s'agit du premier décès civil israélien lié à des tirs en provenance du Liban dans la guerre actuelle. Deux soldats israéliens ont également été tués dans les combats dans le sud du Liban.
Le ministre de la Défense, Israël Katz, a déclaré que l'armée avait reçu pour instruction de détruire tous les ponts au-dessus du Litani utilisés pour des "activités terroristes", afin d'empêcher les combattants du Hezbollah et leurs armes de se déplacer vers le sud.
Il a également indiqué que l'armée avait reçu l'ordre d'accélérer la démolition des maisons dans les "villages de première ligne" pour neutraliser les menaces visant les communautés israéliennes.
Israël Katz a décrit cette approche comme similaire au modèle utilisé à Beït Hanoun et à Rafah, à Gaza, où l'armée a créé des zones tampons en rasant des bâtiments près de la frontière.
Les propos ont été tenus lors d'une réunion avec le chef d'état-major et d'autres responsables de haut rang, a précisé son bureau.
CAMPAGNE DE BOMBARDEMENTS INTENSIFS
Israël mène une campagne de bombardements intensifs dans le sud du Liban et dans certains secteurs de Beyrouth visant le Hezbollah.
Le 13 mars, l'armée a détruit pour la première fois un pont au-dessus du Litani depuis le début de la guerre, affirmant qu'il était utilisé par le Hezbollah, et en a détruit deux autres le 18 mars.
Des soldats israéliens ont également mené ce que l'armée décrit comme des manoeuvres terrestres et des raids ciblés sur des villages qu'elle dit utilisés par des combattants du Hezbollah et pour stocker des armes.
Les responsables israéliens affirment que les opérations aériennes et terrestres visent à protéger les habitants du nord d'Israël, près de la frontière libanaise, contre les attaques du Hezbollah. Plus de 1.000 personnes ont été tuées au Liban depuis la reprise du conflit entre Israël et l'Iran et des centaines de milliers de personnes ont été déplacées.
Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a rencontré vendredi son homologue israélien, Gideon Saar, à Jérusalem, déclarant aux journalistes qu'il avait exprimé les réserves de la France quant à une opération terrestre d'"ampleur et de durée significatives".
Plus tôt ce mois-ci, Israël Katz avait averti le gouvernement libanais qu'il s'exposerait à des destructions d'infrastructures et à des pertes territoriales si le Hezbollah n'était pas désarmé. Le gouvernement libanais a interdit l'activité militaire du Hezbollah et a déclaré vouloir engager des discussions directes avec Israël.
(Reportage d'Ahmed Fahmy et Amr Abdallah Dalsh près de Tyr, au Liban, avec la contribution de Maya Gebeily à Beyrouth et d'Alexander Cornwell à Jérusalem ; version française Nicolas Delame et Tangi Salaün)

0 commentaire
Vous devez être membre pour ajouter un commentaire.
Vous êtes déjà membre ? Connectez-vous
Pas encore membre ? Devenez membre gratuitement
Signaler le commentaire
Fermer